Refroidissement des datacenters :

quelles solutions écologiques pour réduire l’impact environnemental ?

Le refroidissement des datacenters est aujourd’hui un enjeu majeur face à l’explosion des usages numériques, que ce soit avec le cloud, le streaming ou encore l’intelligence artificielle.

Derrière ces services, les datacenters jouent un rôle essentiel, mais ils sont aussi très énergivores. Une grande partie de cette consommation est liée au refroidissement des datacenters, indispensable pour éviter la surchauffe des serveurs.

Comment le refroidissement des datacenters impacte-t-il l’environnement ?

Les datacenters sont constitués de milliers de serveurs, et chaque serveur contient des composants électroniques (processeur, mémoire…) qui chauffent dès qu’il fonctionne. Ainsi, plus un datacenter travaille (sites web, cloud, IA…), plus il produit de la chaleur. Sans refroidissement, la température peut alors monter très rapidement et endommager le matériel.

Refroidissement avec de l’eau

Cependant, comme les datacenters tournent en continu, le refroidissement des serveurs doit se faire constamment. On observe principalement une utilisation massive de la climatisation, ce qui impacte la facture énergétique globale. Le refroidissement des datacenters peut également se faire avec de l’eau.

Cependant, ce processus peut consommer énormément d’eau, surtout lors de fortes chaleurs ou de pics de charge. Selon « Didactum Security », un datacenter de taille moyenne peut utiliser environ 416 millions de litres d’eau par an pour le refroidissement. Cela représente jusqu’à 18.9 millions de litres d’eau par jour, suffisant pour alimenter des milliers de foyers et irriguer des exploitations agricoles. Une telle consommation, en forte croissance depuis l’émergence massive des IA, pourrait entraîner une pénurie mondiale.

Ainsi, un véritable enjeu de performance et d’écologique s’affronte afin de trouver des solutions permettant d’équilibrer efficacité et impact.

Refroidissement des datacenters - chiffre consommation d’eau

Quelles solutions de refroidissement des datacenters écologiques existent aujourd’hui ?

Il existe de nos jours différentes solutions pour le refroidissement des datacenters afin d’allier performance et écologie.

Refroidissement par air

Pour commencer, le refroidissement par air reste la solution la plus utilisée mais elle évolue. Des techniques comme le air cooling se généralise afin de permettre l’utilisation de l’air extérieur pour refroidir les serveurs lorsque les conditions le permettent. Cette solution permet donc de réduire significativement l’utilisation de la climatisation et donc de la consommation d’énergie. Cette solution permet d’après « Génie des procédés » de réduire les coûts énergétiques liés au refroidissement jusqu’à 70%, selon les conditions climatiques et le type d’installation. Cependant, cette solution dépend fortement des conditions climatiques. C’est la solution qu’utilise Aliénor.net afin d’avoir un PUE (Power Usage Effectiveness) proche de 1*. Elle est moins efficace dans les zones chaudes ou en période de forte chaleur. De plus, elle peut être difficile à maintenir à grande échelle, notamment dans les datacenters très denses.

*PUE — Power Usage Effectiveness Indicateur d’efficacité énergétique des data centers. Plus le PUE est proche de 1, meilleure est l’efficacité énergétique.

Refroidissement des datacenters - technique air cooling

Ensuite, le refroidissement par eau est tout de même le plus efficace pour absorber efficacement la chaleur. Certains systèmes utilisent des circuits fermés, ce qui permet de limiter la consommation d’eau et de mieux contrôler son utilisation. Cependant, cette solution nécessite des infrastructures plus complexes et peut poser des risques de fuite ou de maintenance. Dans certaines régions, elle peut accentuer la pression sur les ressources en eau.

Refroidissement par immersion

Une autre innovation majeure est le refroidissement par immersion. Dans ce cas, les serveurs sont plongés dans un liquide spécifique non conducteur. Cette technique permet de refroidir très efficacement les équipements, tout en réduisant la consommation d’énergie et le bruit. Elle représente aujourd’hui une solution prometteuse pour les datacenters de demain. Le marché mondial du refroidissement par immersion des centres de données devrait passer de 2,1 milliards de dollars en 2026 à 10,9 milliards de dollars en 2035, avec un TCAC de 19,8 %, selon le dernier rapport publié par Global Market Insights Inc. Cependant, cette technologie reste encore coûteuse à mettre en place. Elle nécessite des équipements spécifiques et une adaptation des infrastructures existantes. De plus, la maintenance peut être plus complexe et demande des compétences techniques particulières.

Enfin, les datacenters évoluent vers des modèles plus durables, avec l’utilisation d’énergies renouvelables ou la récupération de chaleur.
Cependant, ces solutions ne suffisent pas toujours à compenser l’ensemble de la consommation énergétique. Elles demandent également des investissements importants et dépendent souvent de la localisation du datacenter.

Le refroidissement datacenter représente aujourd’hui un enjeu majeur à la fois technique et écologique. Si des solutions innovantes comme l’air optimisé, l’eau ou l’immersion permettent de réduire l’impact environnemental, aucune n’est parfaite et chacune présente ses limites. L’objectif est donc de trouver un équilibre entre performance, consommation d’énergie et préservation des ressources.